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a qui le dire?
Toute personne qui vient d'apprendre qu'il/elle a le vih se retrouve évidemment dans le pétrin. Comment vais-je le dire, où, quand, avec quels mots, en commençant par quoi? Un tas de questions obsédantes. J'ai finalement décidé qu'il était plus facile d'en parler d'abord à mes collègues et à mes amis, parce que les liens avec eux sont moins étroits. C'est peut-être bizarre, mais j'avais beaucoup plus difficile d'en parler à des proches comme mes parents, mon petit frère et mon meilleur ami.
J'ai donc commencé par informer mon patron, mes collègues et les amis pas trop intimes trois à quatre jours après l'annonce de mon infection. J'ai bégayé, ne parvenais pas à terminer convenablement mes phrases parce qu'à chaque mot les larmes me montaient aux yeux. Dès que j'avais prononcé le mot fatidique, j'ai ressenti un grand soulagement, probablement aussi parce que tous ces gens m'ont directement apporté leur soutien.
Cela a facilité les choses, car je sentais que je pouvais dorénavant "vider mon sac" à qui bon me semblait. Le soutien de ces gens a donc été capital. Tous m'incitaient toutefois à aborder le sujet avec mes parents et mon frère cadet. La tâche me paraissait très difficile, mais je savais qu'ils avaient raison. J'ai tergiversé pendant 2 semaines, décrochant le téléphone pour le raccrocher un seconde plus tard en m'inventant un motif pour ne pas encore leur en parler.
J'ai quand même fini par appeler ma mère en lui disant que j'avais quelque chose de très important à lui raconter et en lui demandant de passer me voir. Elle est venue le lendemain en compagnie de mon petit frère. Je lui ai tout raconté en chialant comme un gosse. C'est pourtant d'elle que j'ai reçu le plus beau et le meilleur des soutiens. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point j'étais soulagé et content de leur avoir enfin avoué la vérité. Leur amour et leur soutien m'ont énormément facilité la vie. Ces personnes-là comptent le plus pour moi, et je me suis même dit par la suite que j'aurais en fait d'abord dû me confier à elles. Mais bon, ce qui est fait est fait... Nous nous sommes immédiatement rendus chez mon père et je suis tombé en pleurs dans ses bras. Avec le recul, je dirais donc qu'on regrettera toujours de ne pas avoir agi différemment mais que l'essentiel reste qu'on en parle avec les personnes qui vous tiennent à coeur. Car ce sont finalement elles qui vous soutiendront le mieux parce qu'elles vous aiment et sont préoccupées par ce qui vous arrive.
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